11.06.2009

10ème JOUR

La mort est une levée d'écrou.

 

J'aime cette image du langage: levée d'écrou.

Elle a quelque chose de la mécanique.

Pour ceux qui l'ignorent, la lévée d'écrou est la formule con/sacrée, pénitentiaire, et juridique qui donne l'ordre de libération d'un détenu.

Oui, je vois le monde comme une geôle dont chaque acteur est plus ou moins le maton, par paresse et lâcheté. Mais le plus souvent par conviction.

J'attends donc avec gourmandise ma libération. Puisque les mutineries et les évasions de masse sont impossibles. Puisque l'humanité toute entière a peur de la liberté.

J'aimerai cette nuit - non pas comme l'annonçaient tous les prophètes que ce soit la fin du monde, mais celle du mien. Qu'un météorite, qu'une onde, qu'un ultrason vienne me désintégrer sur ma machine à écrire, sans même choquer une vitre. Voilà ! Tout est en ordre ! Rien ne m'échappera ! Pas la moindre perversité, oubliée là, tapie sous l'ongle. Pauvres faiblesses ! J'ai la panoplie des couteaux qu'il faut pour les extraire, les expurger. C'est à partir de ces intenses travaux qu'on me tint pour fou. Or, j'avais bien toute ma raison. J'avais toutes les raisons de ne l'avoir point égarée. Non, non. Cherche bien mon enfant. Elle doit être coincée dans quelques ménages à venir.

 

De la naissance à l'homme, il y a une enfance trahie.

Je suis le démon de la per

Versité. Si je brise la

Marche de l’ode ça et là,

C’est pour que mon ver soit plus vert.

 

 

 

Si j’ai fait ma vie en dents de scie, comme mon écriture, c’est pour mieux la trancher.

 

 

Je croyais en cet ange qui m'avait mis le doigt là, sur la lèvre supérieure, juste avant que je ne sorte du ventre écœurant de ma mère pour me faire taire les mystères que j'avais entrevus. Et puis là, aussi, un autre sacré doigt, quand même, dans le cul.