30.05.2009

1er JOUR

 

Je venais d'aller pisser, la queue raide devant moi, dans le noir. D'habitude, comme mes yeux sont myopes, je m'assois sur la lunette des chiottes. Mais là, mon gland trop dur touchait le fond. Alors, j'ai lansquiné debout, à l'aveuglette... Ha, elle n'aime pas ça Poupée! Mais bon, faut la comprendre. C'est pas toujours idéal de poser ses belles fesses sur ma pisse froide. Bien que je relève toujours le couvercle, mais... Je crois que c'est un reproche de filles assez courant en ce qui concerne les dernières gouttes secouées des garçons?...

Je me suis recouché à tâtons. Il devait être neuf heures, quelque chose comme ça? En sentant à nouveau ma présence, Poupée enchevêtra nos jambes. Il y avait l'odeur pâteuse des matins dans nos bouches. J'ai rebandé en silence. Elle se pressa plus. Mais bordel, ça a recommencé! Un sorte de hoquet qui semble retourner l'estomac. Tu ne sais plus quoi faire. Aller gerber? Mais rien ne vient. Je sens mon foie se tordre de douleurs. Il crierait s'il le pouvait! Il y avait un petit bout de temps qu'il ne m'avait pas supplié. Poupée a couru chercher mes pilules anti-vomi partout. En fondant sous ma langue, elles ont calmé le jeu de la bile. Tu penses bien que j'avais débandé comme un môme en larmes. Elle est gentille ma Poupée. Elle a essuyé mes yeux et fait un tendre bisou à mon pauvre gland mou.

Sitôt que la tempête bilieuse m'a quittée pour aller écoeurer d'autres coeurs, bien sûr, nous nous sommes levés. Poupée à préparé le café pendant qu'écroulé en robe de chambre dans le divan, je zappais à mort pour oublier la mienne qui me fait de l'oeil comme une pute à son client. Et je la paye chère, merde. Elle n'évoque pas le désir pourtant, vous savez. Quoique...

J'ai préparé mes cachetons pour la journée. Ceux du matin, ceux du soir. Un bleu, un rose, deux blancs de différentes formes: rond et oblongue. L'étincelle qui me laisse encore au monde, tient à leurs fils si ténus. Sans eux, je meurs. Sans moi, je les emmerde. C'est étrange de savoir que seule la chimie te préserve. Avant d'avaler tout ce beau monde de va comme je te molécule, je dois remplir mon estomac si je veux lui éviter les trous. J'adore les "Spéculos", ces gâteaux belges à la cannelle. Je les trempe dans le café jusqu'à ce qu'ils mollissent à souhait, presqu'à tomber. D'ailleurs, ils ne se gênent pas pour s'échouer parfois sur mes cuisses nues.

Ensuite Poupée est partie travailler. Elle est maître d'hôtel pour des traiteurs parisiens. Ses horaires lui laissent pas mal de temps. Elle est intermittente. Nous sommes souvent ensemble. Et on à l'air d'aimer ça. Moi, ça se comprend: elle est belle comme l'amour, son cul d'impératrice à m'y plonger la tête telles les autruches dans le sable chaud. Ses seins ajustés à mes paumes, nés pour elles, receuillent toujours mon front fièvreux pendant que sa main caresse. Moi, on comprend. Mais Poupée? Comment peut-elle aimer tant un mec au corps squatté de monstres infiniment petits? Un mec qui risque de la tuer à tout moment? Un mec amaigri, affaibli, bandant d'un oeil, sans appétits? Ma mort y répondra sans doute. Ou toi, cher journal que j'ouvre à cet instant comme une veine?